#52 – Former les CSM de demain : quelles soft skills privilégier ? avec Benjamin Boudet, Directeur pédagogique @RocketSchool

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Le métier de CSM se professionnalise, mais les formations dédiées restent rares (cet episode a été enregistré quelques années avant la création de CS Académie, nous avions donc le même constat et une solution online et accessible à tous exisrte donc désormais). Benjamin Boudet, consultant interne chez Rocket School, détaille comment cette école a construit un programme de formation spécifiquement pensé pour le Customer Success, avec une approche qui privilégie les soft skills au recrutement, la pratique sur cas réels en bootcamp, et l’alternance comme rampe de lancement vers le CDI.

« Pour moi, le succès c’est atteindre des objectifs. Et le mot client, moi je le vois avec un grand C et avec un S. Le CSM doit comprendre toutes les parties prenantes qu’il a face à lui et essayer d’adresser tous leurs objectifs. »

Recruter sur la personnalité, pas sur le CV

Chez Rocket School, le recrutement ne commence pas par un CV mais par un test de personnalité via l’outil Asset First. Les traits de caractère des candidats sont comparés au profil idéal du CSM, une cartographie construite à partir des retours d’entreprises partenaires. Les compétences recherchées sont comportementales : organisation, empathie, résolution de problèmes, diplomatie. Le processus se déroule en quatre étapes : questionnaire de personnalité avec seuil éliminatoire, entretien vidéo, atelier sur le campus, puis matching avec les entreprises.

« Elles ne me parlent que des soft skills. Ça vient corroborer le modèle qu’on a choisi de mettre en place. »

Ce modèle présente un double avantage : il ouvre la porte à des profils atypiques qui n’auraient pas postulé via un parcours classique, et il garantit aux entreprises partenaires des candidats dont la personnalité a déjà été validée avant même le début de la formation.

Un bootcamp de trois mois centré sur l'opérationnel

Le bootcamp Rocket School dure trois mois et vise un objectif précis : rendre l’alternant opérationnel dès son arrivée en entreprise. Le programme couvre l’introduction au métier et au SaaS, la compréhension des clients et de leurs parties prenantes, l’onboarding, le copywriting, l’écriture pédagogique, la satisfaction client avec NPS et CSAT, l’expansion incluant upsell et cross-sell, et une semaine dédiée au care pour distinguer support et Customer Success. Le tout repose sur des cas réels d’entreprise, encadré par des intervenants qui sont eux-mêmes des professionnels du CS en activité.

Le contenu est construit à partir du SCOM, le Socle de Compétence Opérationnelle Métier, élaboré en interrogeant une trentaine de startups à chaque lancement de programme. Cette veille permanente permet d’adapter la formation aux besoins réels du marché, dans une logique MVP : sortir vite, tester, itérer en fonction des retours.

L'alternance : double objectif académique et professionnel

Après le bootcamp, le CSM en formation entre en alternance pour un an. Deux objectifs coexistent : à court terme, monter en compétences sur le poste et prouver sa valeur auprès de son manager ; à moyen terme, décrocher le bachelor et un CDI. Les cours alternent entre tronc commun (stratégie, marketing, finance) et spécialisation métier : process et organisation, conduite du changement, gestion de projet, analyse de données. L’ensemble forme un parcours qui prépare autant à l’opérationnel qu’à la compréhension globale de l’entreprise.

« Le CSM c’est à la fois un consultant, un chef de projet et un commercial. »

Le CSM en entreprise : un rôle central encore mal intégré

Benjamin observe un paradoxe récurrent : les entreprises reconnaissent le rôle central du CSM dans la rétention, mais peinent à l’intégrer correctement. Périmètre flou, confusion avec le support, handover chaotique avec les commerciaux : les problèmes sont fréquents. Ses conseils pour un CSM en poste : faire un état des lieux de l’organisation, faciliter les relations avec les autres départements, clarifier son périmètre d’action, et valoriser son travail en interne.

Ce qu’il faut retenir

  • Recruter sur les soft skills plutôt que sur le CV permet d’identifier des profils naturellement adaptés au métier de CSM.
  • Un bootcamp centré sur l’opérationnel, construit avec les entreprises, rend les alternants productifs dès leur arrivée en poste.
  • Le SCOM (Socle de Compétence Opérationnelle Métier) garantit l’alignement entre la formation et les besoins réels du marché.
  • Le CSM est à la croisée du consulting, du chef de projet et du commercial, la formation doit refléter cette polyvalence.

Outils et ressources recommandés par Benjamin

  • Asset First : outil de test de personnalité utilisé pour le recrutement
  • Notion : outil de pilotage et gestion de projet
  • Airtable : outil de suivi pédagogique par campus
  • Calendly : planification de rendez-vous
  • Loom : création de tutoriels vidéo et modes opératoires
  • Engage Paris : conférence annuelle Customer Success

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